Newsletter #126 – Avant la fin de l’année
De nouvelles masterclasses et des réflexions sur l’apprentissage.
19/12/2025
À la une
1. Annonces
• NOUVELLES masterclasses
2. Le saviez-vous ? …
3. Recommandation de livre
• Et la lumière fut, de Jacques Lusseyran
4. Espace des élèves
• Un espace pour répondre aux questions des élèves
1. Annonces
Nouvelles masterclasses
Nous sommes heureux d’annoncer un nouveau format d’apprentissage sur notre Plateforme Neurosomatique : des masterclasses, conçues pour une exploration approfondie de thématiques spécifiques.
Chaque masterclass est disponible sous forme d’achat unique avec accès à vie — vous permettant d’apprendre à votre rythme, où que vous soyez.
Vous pouvez d’ores et déjà accéder aux masterclasses suivantes, ouvertes à toutes et tous, sans prérequis :
Désapprendre la douleur — Dr Howard Schubiner : https://feldenkrais-education.com/masterclass/desapprendre-la-douleur/
La voie/x squelettique — Robert Sussuma : https://feldenkrais-education.com/masterclass/la-voie-x-squelettique/
La voix du chanteur — Robert Sussuma : https://feldenkrais-education.com/masterclass/la-voix-du-chanteur/
👉 Découvrez nos masterclasses ici: https://feldenkrais-education.com/plateforme/#masterclasses
2. Le saviez-vous ? …
L’équilibre n’est pas l’immobilité, c’est un processus dynamique.
Même lorsque vous semblez immobile, votre corps est en mouvement constant. De subtils ajustements — jusqu’à 10 fois par seconde dans le balancement visible, et bien plus encore dans de minuscules ajustements musculaires — maintiennent votre centre de gravité finement réglé.
Le balancement postural, cette oscillation légère et continue du corps autour du centre de gravité, se produit dans toutes les directions. Des capteurs situés dans les chevilles, les hanches, les yeux et l’oreille interne travaillent ensemble dans un dialogue permanent avec la gravité, aidant le cerveau à percevoir où vous êtes et comment vous bougez.
Ce qui ressemble à de l’immobilité est en réalité la manière dont votre système nerveux orchestre le mouvement et le soutien, instant après instant.
3. Recommandation de livre
Voir de l’intérieur
« Et la lumière fut »
– Jacques Lusseyran –
Jacques Lusseyran avait huit ans lorsqu’un accident le rendit totalement aveugle. Peu de temps après, il découvrit pourtant que l’obscurité n’était pas l’absence de lumière. Dans son extraordinaire récit autobiographique Et la lumière fut, il raconte comment, lorsqu’il cessa d’essayer de « voir » avec ses yeux et commença à porter son attention vers l’intérieur, la lumière revint, stable, lumineuse et vivante. « Je voyais la lumière et je continuais à la voir, bien que j’aie été aveugle », écrit-il.
Ce que décrit Lusseyran n’est pas une poésie mystique, mais une expérience profonde d’une perception libérée des habitudes. Il apprend à « voir » avec tout son corps : à travers la résonance des sons, les vibrations des objets, les pressions du toucher et l’atmosphère des émotions. De son enfance d’écolier à Paris à son engagement dans la Résistance, puis sa déportation à Buchenwald et enfin son parcours de professeur de littérature à Hawaï, Lusseyran nous enseigne que la perception commence de l’intérieur ; que voir, comme la conscience, est un acte de présence, et non des yeux.
Pour les étudiant·e·s Feldenkrais, le récit de Lusseyran offre un exemple saisissant de plasticité sensorielle et d’attention incarnée. Il nous rappelle que la perception ne se situe ni dans les yeux ni dans les oreilles, mais dans la capacité du système nerveux à organiser l’expérience. Lorsqu’un sens se met en retrait, les autres s’éveillent ; lorsque la peur et l’effort se dissolvent, la clarté apparaît.
Dans sa cécité, Lusseyran redécouvre ce que Moshe Feldenkrais nous invitait à explorer par le mouvement : que la conscience est un acte sensori-moteur, et que notre capacité à nous « voir » à nouveau ne dépend pas de la vue, mais d’une attention sans effort.
Lire Et la lumière fut revient à entrer dans une leçon de perception, donnée par un homme qui a trouvé la lumière là où d’autres n’auraient vu que la perte. Ce n’est pas un livre sur la cécité, mais sur la vision.
4. Espace des élèves
Voici une question que nous avons reçue de Margo, aux Pays-Bas :
« J’aimerais beaucoup en savoir plus sur les leçons Feldenkrais et le sommeil.
Certaines leçons m’aident à dormir merveilleusement bien, tandis que d’autres me réveillent ou m’empêchent de
dormir.
Comment cela fonctionne-t-il ? Existe-t-il certains types de leçons plus activantes et d’autres plus relaxantes ?
Beaucoup de personnes ont des difficultés avec le sommeil, et je sais que le Feldenkrais peut soutenir le processus du sommeil, mais je ne comprends pas encore complètement comment. »
Vous avez tout à fait raison : certaines leçons Feldenkrais amènent à un repos profond, tandis que d’autres rendent plus alerte, voire pleinement éveillé·e. Ce n’est pas un hasard. Chaque leçon peut solliciter un aspect différent de votre système nerveux autonome.
Les mouvements qui ralentissent, s’adoucissent et s’arrondissent aident souvent le corps à entrer dans un état de repos. Ils activent le système parasympathique, qui soutient la récupération et le sommeil.
Par exemple, j’ai travaillé pendant une longue période avec une jeune fille qui sortait d’un coma et avait peur de se rendormir. Des leçons douces et calmes ont été exactement ce qui l’a aidée à retrouver le repos et un sentiment de sécurité.
Les leçons qui demandent davantage de différenciation, d’orientation spatiale ou de coordination tendent à éveiller la vigilance et la clarté. Elles activent le système sympathique, qui nous prépare à l’action et à l’engagement.
Dans la Méthode Feldenkrais, l’objectif n’est pas de se détendre, mais d’apprendre à reconnaître ces deux états, et à passer de l’un à l’autre de manière fluide et fonctionnelle.
Un bon sommeil ne naît pas uniquement de la relaxation, mais de la capacité à passer librement de l’éveil au repos,de l’activation au lâcher-prise.
Dans ce sens, chaque leçon, qu’elle vous apaise ou vous réveille, devient une invitation à mieux connaître le rythme de votre propre système nerveux.
Bien cordialement,
– Yvo Mentens, formateur Feldenkrais