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— 01 Annonce
Cantal 6 : premiers moments
Cantal 6 est en cours, et son premier segment s’est terminé il y a un peu plus d’une semaine. Ces photos offrent quelques aperçus de ces premières semaines.
Un grand merci à Yvo Mentens et Pia Appelquist d’avoir guidé ce début, ainsi qu’à toutes les personnes du groupe pour l’attention et la curiosité qu’elles y ont apportées.
Vous pouvez encore rejoindre l'aventure Cantal 6 en 2026. Quelques places restent disponibles, avec des possibilités de rattrapage pour les nouveaux inscrits.
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— 02 ESPACE DES ÉLÈVES ESPACE DES ÉLÈVES
Claire, de Paris, m’a posé cette question après une leçon :
« Pourquoi, dès que quelque chose devient difficile, je remarque soudain que je ne respire plus ? »
C’est une excellente question, car retenir son souffle n’est ni une mauvaise habitude ni un manque d’attention. C’est une réponse parfaitement logique du système nerveux.
Lorsqu’un mouvement devient difficile, inhabituel ou incertain, votre système nerveux a un petit problème à résoudre : « Que va-t-il se passer, et dans quelle mesure est-ce sûr ? »
Si la réponse n’est pas claire, le système réduit l’incertitude en faisant ce qu’il sait faire de mieux : stabiliser. L’un des moyens les plus rapides de stabiliser le corps consiste à :
- augmenter le tonus musculaire,
- rigidifier la cage thoracique,
- et suspendre le souffle.
Il ne s’agit pas d’air. Il s’agit de réduire le mouvement et le bruit sensoriel afin que le système puisse se sentir davantage en contrôle. En ce sens, retenir son souffle est une forme légère de figement : pas de panique, simplement de la prudence.
La respiration est rythmique, changeante et mobile de l’intérieur. Lorsque les choses semblent prévisibles, cela ne pose aucun problème. Mais lorsque la coordination devient incertaine, la respiration devient une variable que le système retire temporairement de l’équation.
C’est pourquoi se dire « pense à respirer » n’aide souvent pas. Le souffle n’est pas oublié : il est intentionnellement suspendu par le système nerveux comme stratégie de stabilisation.
Ce qui aide réellement, c’est d’améliorer l’orientation et la clarté. Lorsque vous sentez où vous êtes dans l’espace, comment les différentes parties sont reliées et comment le mouvement peut se déployer, le système n’a plus besoin d’une stabilité rigide. Le tonus diminue, la cage thoracique est libérée de son rôle de maintien, et la respiration reprend, sans effort ni instruction.
Dans les leçons Feldenkrais, c’est pourquoi les images, les relations et les variations douces ont tant d’importance. Elles ne corrigent pas directement la respiration. Elles rendent inutile le fait de retenir son souffle.
Ainsi, si vous remarquez que vous avez cessé de respirer pendant un mouvement, inutile de vous juger. C’est simplement une information utile : quelque chose vous semble incertain, et votre système fait de son mieux pour vous aider.
La clarté d’abord. Le souffle suit.
Yvo Mentens, formateur Feldenkrais
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— 03 Recommandation de lecture
Comment réussir à échouer: Trouver l’ultrasolution.
de Paul Watzlawick - Une perspective sur le mouvement
Dans Comment réussir à échouer: Trouver l’ultrasolution., Paul Watzlawick nous entraîne dans l’univers de la résolution de problèmes lorsqu’elle déraille. Il montre comment nos meilleures intentions, lorsqu’elles se transforment en « solutions finales » rigides, peuvent produire exactement l’inverse de ce que nous recherchions. Le remède devient le mal ; la solution devient le piège.
Pour les élèves de la Méthode Feldenkrais, ce livre offre un terrain particulièrement fertile pour la réflexion. Dans le mouvement comme dans la vie, nous cherchons souvent une « solution », une posture parfaite, un schéma « correct », un algorithme efficace pour chaque action. Mais Watzlawick nous rappelle que ces « solutions définitives » peuvent en réalité devenir des ultrasolutions : elles peuvent supprimer le problème ressenti, mais au prix de la flexibilité, de la relation à soi et de la capacité à changer.
Imaginez un élève qui s’efforce rigidement de maintenir un « alignement parfait » dans chaque mouvement. À première vue, cette posture peut lui sembler « correcte ». Mais avec le temps, cette insistance peut créer des tensions, réduire la capacité d’adaptation et appauvrir la conscience. Dans les termes de Watzlawick, cela revient à appliquer « deux fois plus » en espérant obtenir « deux fois mieux », pour découvrir finalement que le système se transforme qualitativement, et de manière négative.
Dans les leçons Feldenkrais, nous ne recherchons pas des « solutions » rigides, mais l’exploration, la variation et la conscience des relations dans le mouvement. Le chapitre de Watzlawick sur le fait qu’« il est bon d’être bon » (« le paradoxe de la bonté ») nous met en garde : ce qui apparaît comme une amélioration peut masquer de nouvelles contraintes. Ce que nous pourrions appeler un « meilleur mouvement » peut, sans que nous nous en rendions compte, devenir moins adaptable, moins vivant.
Watzlawick nous met également en garde contre la pensée binaire : « correct ou incorrect », « fixe ou flexible ». Il montre comment les positions rigides de type soit/l’un soit/l’autre ferment l’espace intermédiaire : celui de la nuance, de l’exploration et de la transformation. Cela résonne profondément avec le principe feldenkraisien de réversibilité et avec l’apprentissage par de subtiles variations. La conscience vit dans l’espace entre les extrêmes, et non dans l’imposition de l’un sur l’autre.
Pour votre pratique : demandez-vous à quels moments vous pourriez être en train de poursuivre une ultrasolution. Cherchez-vous avec tant d’insistance un mouvement « idéal » que vous perdez la sensation d’aisance, la coordination relationnelle ou le retour d’information intérieur ? Transformez-vous une amélioration ressentie en une norme rigide, au point que les variations deviennent des erreurs ? Watzlawick nous invite à l’humilité : le meilleur chemin n’est peut-être pas la solution finale, mais le processus en évolution.
En substance, Comment réussir à échouer nous invite à privilégier non pas les « réponses parfaites », mais une recherche continue, un mouvement qui s’adapte, apprend et reste vivant. Dans une classe Feldenkrais, lorsque l’élève suspend son besoin de certitude, accueille la variation et écoute profondément ce que fait son corps, alors le véritable dialogue commence.
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— 04 Le saviez-vous ?
Le toucher est le premier sens à se développer — et le dernier à s’effacer
Environ 8 semaines après la conception, un minuscule embryon humain commence à réagir au toucher. Avant même que la vue ou l’ouïe n’existent, la peau perçoit la pression, la chaleur et les vibrations, cartographiant le monde à travers le contact. Tout au long de la vie, le toucher reste la manière la plus directe de sentir la connexion, un ancrage du système nerveux vers la sécurité et la présence. Et à l’approche de la fin de vie, lorsque les autres sens s’estompent, un toucher doux peut encore atteindre la personne. Les observations cliniques et en soins palliatifs confirment que les voies tactiles et auditives persistent même lorsque d’autres formes de conscience diminuent. Un toucher doux peut encore évoquer l’apaisement, la reconnaissance ou la présence.
Le toucher est notre plus ancienne conversation avec l’existence.
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— 05 Ateliers & formations avancées à venir
Deux ateliers à Bruxelles
La boîte à outils vocale du praticien
avec Robert Sussuma
Dates : 26–30 août 2026 Durée : 5 jours Public : praticiens Feldenkrais et stagiaires de troisième ou quatrième année Langue : anglais Lieu : Forest Lighthouse, Bruxelles
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Feldenkrais pour les musiciens
avec Alan Fraser
Dates : 19–21 septembre 2026 Durée : 3 jours Public : musiciens et praticiens Feldenkrais Langue : anglais Lieu : Forest Lighthouse, Bruxelles
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Bien chaleureusement,
L’équipe Feldenkrais Education
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